Abbé Grégoire
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« AUX GRANDS HOMMES LA PATRIE RECONNAISSANTE »

A l'occasion du bicentenaire de la Révolution en 1989, les cendres de Grégoire furent transférées au Panthéon où V. Schoelcher repose également depuis 1948. Ces deux grands personnages de l'histoire de France partagèrent beaucoup d'idées. Ils étaient abolitionnistes, contre la peine de mort, et fervents Républicains. L'un était prêtre, l'autre anticlérical. Mais ils poursuivaient le même but : que les droits naturels deviennent une réalité pour tous.

L'abbé Grégoire (1750/1831)

L'abbé Grégoire, le plus honnête homme de France, comme on le surnommait à l'époque, fut "l'avocat" des juifs, des noirs et des esclaves. Au cours de sa vie, il exécutera nombre de grandes actions dont certaines réussiront et d'autres beaucoup moins. Il est resté courageux, généreux et fidèle à ses idées jusqu'à son lit de mort.

Qui était l'abbé Grégoire ?

Henri Grégoire est né en décembre 1750 à Velho, village lorrain, dans une famille de petits artisans. Remarqué par le curé d'Emberménil pour son intelligence, le jeune Henri est admis au collège des Jésuites de Nancy. En 1776 il est ordonné prêtre. Six ans plus tard, il devient à son tour curé d'Emberménil et y ouvre une bibliothèque. En mars 1789, il est élu député du Clergé aux Etats Généraux. A Versailles, il se fait remarquer en demandant le ralliement du bas-clergé au Tiers-état et participe le 20 juin au "Serment du leu de paume". En 1790, il approuve la Constitution civile du Clergé. Deux ans plus tard, il est nommé évêque de Blois et devient député à la Convention.

Homme des Lumières, il avait rédigé, en 1787, un "Essai sur la régénération physique, morale et politique des Juifs" et milite pour qu'on leur accorde la citoyenneté. Il prend aussi la défense des "gens de couleur" et obtient le 4 février 1794, avec plusieurs autres anti-esclavagistes, l'abolition de l'esclavage dans "les Isles". Homme de culture, il lutte avec vigueur contre les destructions d'œuvres d'art et de bibliothèques commises par l'Armée Révolutionnaire et invente pour cela le mot "vandalisme", destiné selon lui à "tuer la chose". A son instigation, dans un même souci de préservation du patrimoine, la Convention décrète, le 14 octobre 1794, la création d'un Conservatoire des Arts et Métiers :

"Je viens vous présenter les moyens de perfectionner l'industrie nationale. La création d'un conservatoire pour les arts et métiers où se réuniront tous les outils et machines nouvellement inventés ou perfectionnés… Il faut éclairer l'ignorance qui ne connaît pas et la pauvreté qui n'a pas les moyens de connaître…" "Tous les départements devront participer aux bienfaits de cet établissement. Le conservatoire sera le réservoir dont les canaux fertiliseront toute l'étendue de la France".

Extrait de son discours à la Convention